Comment vivre 100 ans

Californie, États-Unis

Richard Nelson, 99 ans

Loma Linda, Californie, États-Unis

J’étais médecin chirurgien et j’ai arrêté d’exercer à l’âge de 89 ans. Je suis né au Japon et j’y ai fait ma médecine dans une université de l’Église adventiste du septième jour. Mes années passées à Tokyo ont été les plus satisfaisantes de ma vie. Ma carrière m’a permis de contribuer positivement à la société et de m’accomplir comme être humain. J’encourage les jeunes à acquérir une bonne éducation. C’est même primordial pour se réaliser complètement. 
Je me préoccupe de ma santé; je suis végétarien et presque végétalien. Je me permets une crème glacée une fois par semaine et le reste du temps je ne mange que des aliments sains. Je fais aussi beaucoup de vélo stationnaire et je fais des exercices aérobiques en groupe.

J’avais peur de venir habiter au centre pour personnes âgées adventistes de Loma Linda; je craignais de devenir inactif, de rester assis toute la journée et de m’ennuyer mais, finalement, c’est tout le contraire. Il y a tellement de choses à faire ici!
Malheureusement, ma vue a terriblement baissé. Comme j’adore lire et rester informé, ma femme me fait la lecture chaque jour.
Nous avons un mariage heureux. Pour réussir son mariage, il faut s’investir pleinement dans la relation et s’intéresser activement à son partenaire. L’une des règles que nous avons établies au début de notre union, et que j’affectionne particulièrement encore aujourd’hui, est celle-ci : si l’un de nous deux est en colère, l’autre doit s’efforcer de garder son calme pour éviter que la situation ne s’envenime. Ce petit effort de régulation émotionnelle nous a permis de désamorcer tous nos conflits.

 

Carol Mary Nelson, 97 ans

Loma Linda, Californie, États-Unis

J’aime les gens. J’aime m’asseoir et les observer. J’aime imaginer leurs pensées et essayer d’identifier leur type de personnalité. Chaque personne a sa propre façon de marcher, son propre langage corporel et c’est absolument fascinant. Il faut dire que je suis thérapeute de profession.
Avant, je participais à plusieurs activités à la résidence pour personnes âgées membres de l’Église adventiste du septième jour où j’habite mais, dernièrement, j’ai préféré passer tout mon temps avec mon mari. Mon mari a 99 ans, chaque minute avec lui est précieuse. Comme sa vue a baissé, je lui fais la lecture plusieurs heures par jour. Je lui lis les nouvelles, des textes religieux, des articles sur la santé, des biographies, etc. Il est important, en vieillissant, de rester curieux et de nourrir son esprit. Chaque jour, je lui dis que je l’aime. Il faut aimer son partenaire de vie encore plus que l’on ne s’aime soi-même et faire les choses par amour et non par devoir.

Je fais attention à ce que je mange car je veux préserver ma santé autant que possible. Je ne mange pas de sucreries; le plaisir que procure une dose de sucre est infime comparé au bonheur d’être en bonne santé.
Mon pire défaut est d’être impatiente. À plusieurs reprises, j’ai été impatiente avec mon mari et je m’en veux encore. Le soir lorsque je me couche, je révise les événements de ma journée et je me blâme pour ce que j’ai dit ou fait de répréhensible. La religion est très importante pour moi car elle me donne une ligne de conduite. Quand je lis la Bible, je me rends compte du chemin que j’ai encore à parcourir, même si je tends à m’améliorer. Il est important d’être tolérant et d’aimer les autres exactement comme ils sont. Il ne faut pas médire et il faut éviter la jalousie, qui est très destructrice. Il faut aussi voir le bon côté des gens et des choses et rire le plus souvent possible.

 

Helen Dalgleish, 95 ans

Loma Linda, Californie, États-Unis

Je suis une enfant de la Grande Dépression. Contrairement à beaucoup de membres de l’Église adventiste du septième jour, je ne suis pas issue d’une famille aisée. Mon père travaillait illégalement un peu partout à travers la Californie; nous déménagions fréquemment à la recherche de petits boulots dans les champs de coton. Par chance, un jour, nous sommes déménagés à San Bernardino où mon père avait trouvé un emploi chez un producteur d’oranges. C’est alors que nous avons découvert les adventistes du septième jour. L’église nous a offert une éducation, à moi et à mes frères et sœurs, ce qui nous a permis de nous élever socialement.
Plus tard, comme mon défunt mari était docteur, il assumait seul le rôle de soutien financier familial. J’ai donc élevé mes enfants sans être obligée de travailler à l’extérieur de la maison. Quand mes enfants ont été grands, je suis allée à l’université pour étudier les arts. J’ai eu mon diplôme à l’âge de 49 ans, ce qui est assez inusité.

Plus tard, comme mon défunt mari était docteur, il assumait seul le rôle de soutien financier familial. J’ai donc élevé mes enfants sans être obligée de travailler à l’extérieur de la maison. Quand mes enfants ont été grands, je suis allée à l’université pour étudier les arts. J’ai eu mon diplôme à l’âge de 49 ans, ce qui est assez inusité.
J’ai eu un beau mariage qui a duré 70 ans. Voici mon conseil pour les amoureux : si vous avez un conflit, n’allez jamais vous coucher sans régler votre différend. Avant d’aller au lit, faites la paix et dites à votre partenaire que vous l’aimez.
L’art occupe une grande place dans ma vie. Dieu s’attend à ce que nous prenions soin de notre santé et à ce que nous repoussions tout ce qui n’élève pas l’esprit. L’art élève l’esprit. La musique, les arts visuels et la littérature en sont des exemples. Personnellement, je fais partie d’un chœur, j’écris mes mémoires, je joue du piano, j’assiste à des projections de films et je veux me remettre à la peinture.

Je vais aussi à des exercices d’aérobie et je participe à plusieurs réunions et rassemblements. J’ai beaucoup d’amis et je suis très active sur Facebook. J’ai maintenant un petit ami. J’avais un faible pour lui quand il est arrivé, il y a trois ans, à la résidence pour personnes âgées adventistes où j’habite et les choses se sont développées. Nous parlons et nous nous embrassons. Je crois que c’est excellent pour la longévité.
Le plus grand obstacle de ma vie a été la mort de mon petit-fils. J’ai cependant espoir de le retrouver au paradis. Il paraît que les tremblements de terre sont de plus en plus fréquents et que la planète se réchauffe, entraînant toutes sortes de catastrophes naturelles. C’est possiblement le début du Jugement dernier. Nous, les croyants, pensons que lors du Jugement dernier, le Seigneur et ses anges viendront sur terre pour nous sauver et nous emmener au paradis.

 

Marjorie Jean Smith, 90 ans

Loma Linda, Californie, États-Unis

Il m’arrive de me questionner sur ma contribution au monde. Je ne suis pas toujours certaine de ma valeur, mais j’essaie d’exercer une bonne influence sur les autres. J’ai appris à me comporter de façon exemplaire car mon père et mon mari étaient pasteurs. Mon mari et moi avons d’ailleurs été missionnaires en Thaïlande durant dix-sept ans. J’y ai appris la langue thaïlandaise et j’y ai enseigné la Bible.
Je suis heureuse mais je suppose que je l’étais davantage quand j’étais entourée de mon défunt mari et de mes enfants. J’ai eu un formidable mariage et de magnifiques fils.
Je n’ai aucune maladie, aucune douleur. Je suis végétarienne depuis ma naissance. Je bois énormément d’eau, je consomme principalement de la nourriture non transformée et je mange très légèrement le soir; généralement, mon souper consiste en une grappe de raisins.
Je fais des exercices aérobiques en groupe chaque jour, je participe à des ateliers de cuisine, j’assiste à des offices religieux de l’Église adventiste du septième jour trois soirs par semaine et, les quatre autres soirs, je vais à des projections de films avec des amis de l’église. Nous croyons qu’il faut être prudent dans le choix des films que nous regardons et nous évitons les films qui contiennent du sexe, des blasphèmes ou de la consommation de tabac.
Les secrets de la longévité? Une diète végétale et éviter l’alcool et la cigarette, ainsi que le thé et tous les stimulants. Appartenir à une église apporte beaucoup de soutien et un grand sentiment de bien-être. Il faut aussi chérir son partenaire, le couvrir d’attentions, comme des cartes de souhaits ou des cadeaux à la Saint-Valentin.

 

Dorothy Reid Womack, 94 ans

Mountain Home Village, Californie, États-Unis

J’ai été mariée, mais c’était un mariage malheureux et j’ai divorcé. Mon mari était très colérique en plus de boire trop d’alcool et de fumer. Mais il a quand même été une bénédiction dans ma vie car c’est grâce à lui que je suis devenue membre de l’Église adventiste du septième jour. Parfois, je me demande si j’ai bien fait de le quitter mais je me dis que Dieu sait ce qu’il fait. 

Quel est le rôle d’un mari? Il apporte un toit, de la nourriture, une protection et de l’amour. C’est exactement ce que Dieu m’apporte. La religion est tout pour moi. Peu importe ce qui m’arrive, je sais que c’est la volonté de Dieu.
J’habite seule dans un petit chalet au bord d’un ruisseau. Le ménage de la maison et l’entretien du terrain et du jardin me tiennent très occupée. Je ne m’ennuie jamais. Je conduis encore ma voiture, j’aide à l’administration de l’église, je lis beaucoup et je vois des amis tous les jours. 

 

La communauté adventiste du septième jour est très unie. J’ai aussi des amis en dehors de l’église, notamment des amis catholiques, mormons et même quelques hippies!
Mes plans pour le futur? Mettre sur pied un club pour les jeunes où l’on regarderait des DVD sur les thèmes de la jeunesse et du développement de la personnalité.

 

Irving Leonardo Hertlein, 90 ans

Yucaipa, Californie, États-Unis

Toutes mes activités sociales sont liées à l’Église adventiste du septième jour et à la spiritualité. Je suis heureux, satisfait de mon sort et je vis un jour à la fois. Je ne me mets jamais en colère et je suis en paix avec Dieu. Je vais à l’église, je respecte les dix commandements et je lis beaucoup, pour passer le temps; je lis la Bible, des textes religieux et le magazine Adventist World, la revue mensuelle de l’église adventiste. Je suis aussi passionné de broderie, ce qui en surprend plus d’un.
Mon plus grand regret est d’avoir quitté le Brésil, mon pays d’origine, pour venir habiter aux États-Unis avec ma famille. Nous étions bien établis au Brésil. J’ai eu de nombreuses déceptions dans ma carrière de comptable parce que j’étais immigrant. Mais l’épreuve la plus difficile reste certainement le fait que mon plus jeune fils ait quitté notre religion.
Ma femme et moi sommes complètement végétaliens depuis que j’ai eu un cancer de la prostate, il y a dix-sept ans, et nous ne mangeons essentiellement que de la nourriture biologique. Le matin, après avoir pris une marche d’une demi-heure, je déjeune de petits fruits variés, d’une banane, d’une tasse de lait de soya, d’un morceau de pain que je fais moi-même et d’un smoothie dans lequel je mets de l’açaï, de la poudre de luzerne, de la poudre de bleuet, de la poudre d’herbe de blé et des protéines. Le midi, je mange du riz, des haricots noirs ou du tofu et du manioc, accompagnés d’une grande salade verte à laquelle j’ajoute betteraves, carottes, pissenlits, radis, concombres, pois sucrés et un peu d’hummus. Le soir, je ne mange que quelques noix et des fruits de saison. Je prends des suppléments de vitamines B, C, et E, ainsi que des capsules d’ail et je prends du thé à la citronnelle pour améliorer ma pression sanguine. Je bois énormément d’eau tout au long de la journée et je dors au moins sept heures par nuit.
Donald Trump est tellement riche, mais tellement pauvre en même temps. J’aimerais qu’il se taise, qu’il écoute, qu’il cesse d’enflammer les débats inutilement et qu’il coopère avec la population pour améliorer les choses. Un des problèmes majeurs, en Californie, est qu’il y a trop d’immigrants illégaux. Certains d’entre eux ne veulent pas travailler mais souhaitent avoir accès aux soins de santé gratuitement et aux bons d’alimentation. Les nouveaux arrivants doivent se soumettre aux règles et aux lois américaines eux aussi; je suis bien placé pour le savoir. En ce sens, je suis d’accord avec certaines politiques du gouvernement.

 

Wilma Hertlein, 86 ans

Yucaipa, Californie, États-Unis

Mon mari et moi sommes très heureux ensemble. Pour avoir un bon ménage, ça prend beaucoup d’humilité. Il faut continuellement lâcher prise. Nous résolvons nos problèmes en communiquant; nous nous tenons continuellement la main, nous dormons encore dans le même lit et nous nous embrassons tendrement.
Je vais occasionnellement chez le médecin pour qu’il me fasse ses diagnostics, mais je ne prends jamais les médicaments qu’il me prescrit. Je fais mes propres recherches et je me soigne avec l’alimentation et les produits naturels. C’est comme ça que j’ai guéri complètement mon ostéoporose.
Je me préoccupe des jeunes d’aujourd’hui. J’aimerais les aider. Ils sont tellement bruyants, surexcités et malheureux. Les jeunes, ralentissez! Ne forcez pas les choses, respectez vos parents, aimez-les, ne les enfermez pas dans des maisons de retraite, soyez prudents et patients, ne faites pas élever vos enfants par les autres et, surtout, respectez les lois de Dieu.


Arianne Clément
Photographie d'Aînés